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La maladie de Lyme est une maladie inflammatoire qui est transmise par la morsure d’une tique infectée par une bactérie. Cette bactérie pénètre dans l’organisme à l’endroit où la tique a mordu, commence à se multiplier et à s’acheminer vers différentes parties du corps. Si elle n’est pas traitée, la maladie de Lyme peut causer une infection qui se manifeste sous diverses formes, en particulier, sous forme d’inflammation chronique touchant les articulations, le système nerveux, le cœur et la peau.
La maladie fut décrite pour la première fois en novembre 1975, lorsqu’on diagnostiqua une arthrite rhumatoïde juvénile chez 12 enfants d’Old Lyme, petite communauté rurale du Connecticut. Dans les régions avoisinantes, plusieurs autres personnes avaient alors également signalé la survenue d’une crise d’arthrite. Un système de surveillance de la maladie fut donc mis en œuvre et l’on découvrit que 51 personnes vivant dans une région géographique limitée avaient eu la même maladie, à la même époque de l’année. La plupart avaient subi des crises brèves caractérisées par de la douleur et de l’enflure au niveau de quelques-unes des grosses articulations; bon nombre avaient remarqué plusieurs semaines auparavant l’apparition de rougeurs inhabituelles sur la peau, s’étendant progressivement. Une personne se rappela avoir été mordue par une tique là où siégeaient les lésions cutanées. Des recherches permirent de découvrir que cette forme d’éruption cutanée était identique à une autre éruption bien connue en Europe mais reliée à la morsure de la tique du mouton.

La fréquence des nouveaux cas
semble avoir augmenté au cours des dernières années, ce qui pourrait s’expliquer
par le fait qu’on reconnaît plus facilement la maladie elle-même et ses
symptômes. On ne sait pas exactement combien de personnes sont atteintes de la
maladie de Lyme.
La maladie de Lyme est très répandue en
Europe, en Union soviétique, en Chine, au Japon et en Australie. En Amérique du
Nord, elle est plus fréquente dans les régions du nord-est et du
centre-nord; jusqu’à présent, elle demeure rare sur la côte Ouest. Des cas de la maladie de
Lyme ont été signalés dans presque tous les états et provinces de l’Amérique du
Nord, mais la majorité se concentre dans quelques états et dans
quelques provinces seulement. Au Canada, le plus grand nombre de cas confirmés a été
enregistré en Ontario, mais aucun n’a été signalé à Terre-Neuve, à
l’Île-du-Prince-Édouard, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest.
On
croit également que la popularité croissante des activités de plein air, dont la
randonnée pédestre, la chasse et l’escalade, peut accroître l’incidence de la
maladie parce qu’elles se font souvent dans l’habitat naturel du chevreuil. La
tique qui transmet la maladie de Lyme est un parasite de cet animal qui la
transmet de région en région.
On a signalé des cas de maladie de Lyme chez
des personnes de tous les âges, mais sa fréquence atteint son maximum entre l’âge
de 11 et de 14 ans ou chez les jeunes
adultes.
Le plus souvent, la maladie de Lyme se manifeste pendant l’été. Dans les régions où l’hiver est plus doux, le caractère saisonnier de la maladie est moins marqué.

Phase primaire localisée
On appelle
phase primaire localisée, la période au cours de laquelle la maladie de Lyme
fait son apparition. Si vous avez contracté la maladie de Lyme, vous aurez
peut-être une éruption cutanée au site de la morsure. Dans la plupart des cas,
la morsure siège à l’aine, sur les fesses, derrière le genou ou dans l’aisselle.
Le délai entre la morsure de la tique et l’apparition d’une éruption cutanée
varie de quelques jours à un mois. L’éruption est d’habitude de forme arrondie,
son centre est blanc et son pourtour rougeâtre et la peau est parfois chaude au
toucher. Cette lésion initiale de petite taille s’étend de jour en jour.
D’habitude, elle n’est pas douloureuse. La plupart des gens ne se rendent pas
compte qu’elles ont été mordues. Chez environ le tiers des personnes atteintes,
ce stade passe tout à fait inaperçu.
Phase
secondaire
Quelques
jours après l’apparition des lésions cutanées, on observe fréquemment la
manifestation de symptômes secondaires et de signes d’une infection plus
étendue. C’est ce qu’on appelle la phase secondaire. Au cours de cette phase,
vous ressentirez peut-être certains des signes suivants : sensation de malaise
généralisé, fatigue, léthargie, maux de tête, fièvre et frissons. Vous aurez
peut-être aussi des douleurs articulaires et musculaires, ainsi que des boutons
ou une éruption cutanée à divers endroits du corps.
Phase tertiaire
Après la phase
secondaire, environ 20 % des personnes atteintes bénéficient d’une rémission
mais, dans la plupart des cas, la maladie évoluera vers la phase tertiaire. À ce
stade, d’autres symptômes peuvent se manifester et toucher le cœur, le système
nerveux et les articulations.
Moins de 10 % des personnes atteintes de
la maladie de Lyme et qui ne reçoivent aucun traitement, souffriront d’une
cardite (inflammation du cœur). Les premiers symptômes de la cardite sont des
palpitations ou une perte de conscience inexpliquée. Cette affection peut
disparaître spontanément mais, dans certains cas, elle doit faire l’objet d’un
traitement médical.
Si l’inflammation causée par la maladie de Lyme s’attaque au système nerveux, certains signes, tels que maux de tête, irritabilité, sensibilité à la lumière vive et léthargie, pourraient se manifester dès le début. Environ 15 % des personnes atteintes de la maladie de Lyme risquent de souffrir de méningite (maladie qui se caractérise par des maux de tête et une raideur de la nuque) dans les semaines qui suivent l’éruption cutanée initiale.
D’autres symptômes révélant une atteinte du cerveau et des nerfs se manifestent parfois des mois, voire des années après le début de la maladie de Lyme. Par exemple, l’atteinte des nerfs des membres ou de la région de la tête se traduit par de la faiblesse musculaire, une paralysie ou une perte de sensations. La personne atteinte peut également souffrir de la paralysie de Bell, une affection qui se manifeste par une faiblesse ou une paralysie des muscles de la face. Si le cerveau est atteint, la mémoire à court terme et la capacité de concentration peuvent être diminuées. Ces troubles peuvent aussi s’accompagner de fatigue chronique, de maux de tête et de troubles du sommeil. Dans de rares cas, la maladie peut causer des convulsions et des lésions de la moelle épinière.
Le stade initial de la maladie de Lyme est souvent caractérisé par des crises intermittentes de douleurs musculaires et articulaires. Chez bon nombre de personnes, la douleur disparaît spontanément ou diminue avec le temps. Une arthrite chronique se constitue chez environ 20 % des personnes non traitées.
La plupart des personnes atteintes souffrent de brèves crises récidivantes d’arthrite touchant surtout les grosses articulations, comme celle du genou. Il est rare que plusieurs articulations soient atteintes. Les crises peuvent durer quelques jours ou quelques semaines. En général, les enfants sont moins gravement touchés. Malgré l’inflammation chronique, on observe rarement des lésions du cartilage et de l’os, comme c’est plus souvent le cas dans les autres formes d’arthrite.

La maladie de Lyme est causée par une bactérie en forme de spirale (spirochète), appelée Borrelia burgdorferi. Cette bactérie est présente dans l’intestin de la tique, et est transmise par la peau au moment où la tique mord son hôte. Dans la plupart des cas, ces tiques sont transportées par le chevreuil et se nourrissent de son sang, mais elles peuvent aussi mordre d’autres mammifères.


Le traitement vise principalement à soulager la douleur et l’inflammation et à enrayer l’infection. Il est essentiel que vous preniez une part active au plan de traitement prescrit par votre médecin.
Médicaments
Si vous êtes atteint de la maladie de Lyme, votre médecin vous prescrira probablement des antibiotiques. La durée du traitement dépendra de vos symptômes. C’est au stade initial que la maladie de Lyme réagit le mieux au traitement antibiotique, et chez certaines personnes, elle continue de progresser malgré cette intervention thérapeutique précoce. Lorsque la maladie de Lyme évolue et envahit le cœur, ou le système nerveux, l’hospitalisation est souvent requise et le traitement repose alors le plus souvent sur l’administration d’antibiotiques par voie intraveineuse (sous forme de liquide injecté directement dans un vaisseau sanguin).
Les médecins recommandent souvent l’acétaminophène (Tylenol®, Panadol®, Exdol®, etc.) pour soulager les douleurs modérées associées à la maladie de Lyme. L’acétaminophène est un anti-douleur, mais n’a aucune propriété anti-inflammatoire. Pour cette raison, on peut en général le prendre en toute sécurité avec la plupart des médicaments d’ordonnance. Cependant, la dose quotidienne d’acétaminophène qu’on peut prendre est limitée. Il faut donc user de prudence, surtout si vous prenez d’autres médicaments qui contiennent de l’acétaminophène (par exemple, les médicaments contre le rhume en contiennent). L’ingestion d’une dose excessive d’acétaminophène peut causer des dommages au foie.
À faible dose, les AINS soulagent la douleur et, à plus forte dose, ils soulagent l’inflammation. Les AINS, tels que l’AAS (Aspirine, Anacine, etc.) et l’ibuprofène (Motrin IB, Advil, etc.) sont disponibles en ventre libre. Par contre, certains AINS, tels que le Naprosyn, le Relafen, l’Indocid, le Voltaren, le Feldene et le Clinoril ne peuvent être vendus que sur ordonnance. L’effet anti-inflammatoire des AINS et de l’AspirineMD est sensiblement le même lorsqu’on prend la dose complète, mais le soulagement peut varier d’une personne à l’autre et d’un médicament à l’autre. Prendre plus d’un AINS à la fois accroît la possibilité d’effets secondaires, en particulier de maux d’estomac tels que brûlures d’estomac, ulcères et saignements. Les personnes qui prennent ces médicaments devraient songer à prendre aussi du misoprostol (Cytotec), un médicament pour protéger l’estomac.
Exercice
Lorsque l’infection commence à disparaître, votre médecin vous prescrira peut-être des exercices pour renforcer les muscles. Des exercices d’amplitude de mouvement vous aideront à reprendre vos activités normales. Consultez toujours un médecin avant d’entreprendre un programme d’exercices.
Chaud/froid
La chaleur et le froid peuvent soulager temporairement la douleur. L’application de chaleur soulage la douleur et la raideur en relaxant les muscles endoloris et en stimulant la circulation sanguine dans la région affectée. Selon certains, la chaleur risquerait d’exacerber les symptômes lorsque l’articulation est déjà enflammée. Par contre, le froid provoque un resserrement des vaisseaux sanguins et bloque l’influx nerveux dans l’articulation, ce qui a pour effet d’engourdir la région endolorie. L’application d’un sac de glace ou d’une compresse froide soulage l’inflammation et serait, par conséquent, la méthode de choix lorsque l’articulation est enflammée.
Protégez vos articulations
Protéger vos articulations veut dire vous en servir de façon à éviter de les soumettre à un trop grand stress. L’un des avantages que vous en tirerez sera d’avoir moins de douleur et moins de difficulté à accomplir les tâches que vous entreprendrez. Il existe trois grands principes pour protéger vos articulations :
Faites alterner travaux légers et travaux exigeants
ou répétitifs, afin de réduire le stress sur les articulations endolories et de
donner aux muscles affaiblis une occasion de se reposer.
Utilisez
efficacement vos articulations en adoptant une position correcte pour éviter les
efforts inutiles. Utilisez les articulations les plus grandes et les plus fortes
pour porter de lourdes charges. Par exemple, utilisez une bandoulière au lieu
d’un sac à main. Évitez de garder la même position trop longtemps.
Utilisez des outils pratiques, comme les cannes, les chariots à bagages, les chariots à épicerie et les manches de rallonge, qui faciliteront l’exécution de vos tâches quotidiennes. Les petits appareils électroménagers, comme le four à micro-ondes, le robot culinaire ou le robot boulanger, vous seront utiles dans la cuisine. Dans la salle de bains, une main courante et un siège de toilette surélevé vous permettront d’économiser votre énergie et d’éviter les chutes.
Relaxation
L’apprentissage de stratégies de relaxation et d’adaptation est un moyen de mieux maîtriser votre arthrite et de voir les choses sous un jour plus positif.

En plus des symptômes physiques de l’arthrite, bon nombre de personnes font face aux défis additionnels associés à la maladie chronique. Apprendre des stratégies pour modifier vos activités quotidiennes en fonction de votre maladie vous donnera l’impression de redevenir maître de votre vie et vous fera voir les choses sous un jour plus positif. Pour obtenir les meilleurs résultats possibles, vous devez entretenir des rapports étroits avec vos médecins et vos thérapeutes et participer activement à votre traitement. À notre avis, c’est ce qu'il faut faire pour «mieux vivre» avec l’arthrite.
Plusieurs sources d’information vous sont offerte pour vous aider à apprendre à mieux maîtriser votre maladie, dont notamment :
Bien entendu, beaucoup d’autres ressources utiles sont offertes aux personnes atteintes d’arthrite. Si vous ne savez pas trop vers qui vous tourner, appelez la Société de l’arthrite au 1 800-321-1433.
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