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Syndrome du canal Carpien

Syndrome du canal Carpien

Qu’est-ce que le syndrome du canal carpien?

Le nerf médian est un grand nerf qui parcourt le centre de l’avant-bras et dont les ramifications se prolongent jusqu’à la peau du pouce, de l’index, du majeur et de la moitié de l’annulaire. Il assure entre autres la sensibilité des muscles de la racine du pouce. On peut concevoir ce nerf comme un réseau de câbles reliant la main au cerveau et permettant la circulation bidirectionnelle de signaux électriques.

Le nerf médian pénètre dans la main par l’orifice étroit qui traverse la face palmaire du poignet. Cet orifice se compose d’un demi-cercle formé par les os du poignet (c.-à-d. le carpe) et d’un ligament annulaire rigide qui traverse le poignet. C’est dans cet orifice, appelé canal carpien, que des problèmes peuvent survenir. En effet, si un élément y occupe trop d’espace, le nerf médian s’en trouve fortement pressé contre le ligament. Or, plusieurs structures passent dans ce canal aux côtés du nerf médian, dont plusieurs tendons. Comme le nerf médian longe déjà la partie supérieure du canal, il s’agit de l’élément le plus sensible et le plus sujet aux lésions sous l’effet de quelque type de pression que ce soit.

L’exposition d’un nerf à un choc ou à une pression continue peut causer des changements sensoriels comme des fourmillements ou un engourdissement. Quand on se cogne le coude au niveau du nerf cubital, par exemple, on ressent parfois des fourmillements ou un engourdissement dans les doigts. Les nerfs assurent la transmission aux muscles de signaux leur disant quand se contracter. Ainsi, lorsqu’un nerf subit une lésion ou est soumis à une pression, il peut perdre sa capacité à transmettre des signaux aux muscles, perte pouvant entraîner des troubles moteurs. Par exemple, si l’on reste longtemps assis dans une position inconfortable, une pression peut s’exercer sur les nerfs des jambes, causant un engourdissement et une paralysie temporaire. C’est le même phénomène qui se produit dans le syndrome du canal carpien, sauf que la pression exercée est souvent plus constante et que les symptômes durent plus longtemps.

Le syndrome du canal carpien est-il courant?

Le syndrome du canal carpien peut survenir à tout âge, mais il touche le plus souvent des personnes de 50 ans et plus. Les femmes y sont plus vulnérables que les hommes. Il apparaît également chez des jeunes de 20 à 40 ans, surtout des hommes, à la suite d’activités qui sollicitent intensément le poignet ou qui exigent un serrement prolongé de la main.

Quels sont les signes avant-coureurs du syndrome du canal carpien?

L’apparition du syndrome du canal carpien est généralement graduelle, mais peut dans certains cas être soudaine. Ce trouble peut toucher une seule main ou les deux. Les premiers symptômes sont ordinairement de la douleur, des fourmillements ou un engourdissement au pouce, à l’index et au majeur. En général, seule la face intérieure du majeur est touchée.

On peut avoir l’impression d’avoir les doigts lourds ou enflés et ressentir une douleur à la main et au bras se propageant parfois jusqu’au coude. Ces symptômes sont généralement plus intenses la nuit, en particulier quand la main est chaude. Afin de les soulager, bien des gens secouent la main ou la sortent de dessous les couvertures du lit pour la refroidir.
La main peut sembler faible, en particulier à la sollicitation du pouce dans le pincement et la préhension. Il devient alors plus courant d’échapper des objets.

Les muscles de la racine du pouce (partie charnue de la paume située du côté du pouce) peuvent s’atrophier et sembler plus aplatis que dans l’autre main. En général, cette atrophie ne survient qu’un certain temps après l’apparition des symptômes d’engourdissement et de fourmillements. Il est donc probable que vous ayez consulté votre médecin avant ce stade, mais si ce n’est pas le cas, assurez-vous de le faire sans tarder. Si une atrophie survient après votre consultation, retournez voir le médecin.

Quelles sont les causes du syndrome du canal carpien?

Dans bien des cas, le syndrome du canal carpien survient sans cause apparente. Toutefois, certains états pathologiques augmentent le risque d’apparition de ce syndrome, essentiellement des troubles caractérisés par le rétrécissement du canal carpien ou l’enflure ou le grossissement des tissus qui composent ou traversent cet orifice. Il peut s’agir de lésions osseuses consécutives à une blessure du poignet, par exemple si un os fracturé en cours de consolidation ou consolidé occupe plus d’espace qu’auparavant. Diverses formes d’arthrite peuvent également provoquer une inflammation des tissus mous du poignet ou de la paroi qui borde cette articulation et causer ainsi une pression sur le nerf médian.

Les emplois et les passe-temps qui sollicitent fortement la main et le poignet, en particulier s’ils comportent des mouvements répétitifs, peuvent également contribuer à l’apparition du syndrome du canal carpien. Des exemples de personnes à risque sont les ouvriers du bâtiment et les charpentiers; les préposés au conditionnement du poisson, de la viande et de la volaille; les coiffeurs; les personnes qui font de la broderie ou du tricot ainsi que les dactylographes et les personnes qui travaillent à l’ordinateur.

Le diabète peut également jouer un rôle dans l’apparition du syndrome du canal carpien, tout comme les changements hormonaux. Certaines femmes enceintes présentent une enflure des mains et des pieds, mais se sentent beaucoup mieux après leur accouchement. Dans d’autres cas, les symptômes surviennent après l’accouchement ou à la ménopause.

Que faire pour maîtriser les symptômes du syndrome du canal carpien?

Le traitement vise à soulager la douleur, à rétablir une sensibilité normale et à empêcher l’aggravation du problème. Il est très important d’obtenir un diagnostic précis, car la majorité des formes d’arthrite peuvent être prises en charge efficacement, et la plupart des thérapies donnent de meilleurs résultats lorsqu’elles sont entreprises aux premiers stades de la maladie.

Si votre médecin soupçonne que vous présentez le syndrome du canal carpien, il examinera la région touchée et effectuera peut-être certains tests.

L’un de ces tests, le signe de Tinel, consiste à taper légèrement du doigt sur la face dorsale du poignet pour voir s’il y a fourmillements ou douleurs dans la main. Le test de Phalen est également utile. Il s’agit de mettre le poignet en flexion maximale et de le maintenir dans cette position pendant quelque temps. Cette manœuvre peut produire des fourmillements ou un engourdissement dans les doigts.

Si le diagnostic est incertain et que le problème persiste, le médecin peut recourir à une électromyographie. Ce test est ordinairement réalisé dans un service spécialisé. Il consiste à stimuler électriquement les nerfs à partir de divers points du bras et de l’avant-bras et à mesurer avec précision la vitesse de transmission du signal à la main. Il peut montrer que le signal est transmis normalement dans le bras et l’avant-bras, mais ralenti ou atténué au passage du poignet.

En général, les radiographies ne révèlent rien d’anormal, sauf en cas de modification évidente de la structure osseuse attribuable à des fractures antérieures ou à des lésions arthritiques. Les analyses de sang sont elles aussi normales, sauf en présence de maladies susceptibles de contribuer au problème, comme la polyarthrite rhumatoïde.

Une fois le diagnostic confirmé, divers traitements peuvent être employés pour soulager la douleur, atténuer la raideur et rétablir la sensibilité de la main. Votre participation active à l’élaboration de votre plan de traitement est essentielle.

Médicaments

Vous trouverez de l’information générale à ce sujet dans notre guide des Médicaments pour l’arthrite, même si celui-ci ne traite pas spécifiquement du syndrome du canal carpien.

Les AINS soulagent la douleur lorsqu’ils sont pris à faible dose et atténuent l’inflammation à des doses plus fortes.
Lorsque l’inflammation est marquée et la douleur, intense, le médecin peut injecter un anti-inflammatoire puissant appelé corticostéroïde directement dans la zone touchée. Les corticostéroïdes sont des médicaments fabriqués en laboratoire qui ressemblent de près à la cortisone. La cortisone est une hormone stéroïdienne produite naturellement par l’organisme qui soulage l’inflammation et l’enflure. Une injection de corticostéroïde peut soulager presque immédiatement une articulation douloureuse et enflée. Cependant, ce traitement ne peut être administré à répétition, car les corticostéroïdes peuvent fragiliser le cartilage, déminéraliser le tissu osseux et affaiblir encore davantage l’articulation. 

Que faire pour libérer de l’espace dans le canal carpien?

Si le cœur du problème est le manque d’espace dans le canal carpien pour le nerf médian et tous les tendons, il peut être utile de tenir le poignet dans une position qui maximise l’espace disponible. Un traitement courant du syndrome du canal carpien est le port d’une orthèse de repos. Dans bien des cas, il suffit de porter cette orthèse la nuit. En effet, nous avons tendance à dormir les poignets repliés, ce qui aggrave le problème. Le fait de permettre aux tissus d’occuper le plus d’espace possible durant la nuit peut suffire à soulager les symptômes le jour. Consultez votre thérapeute au sujet de ce type d’orthèse.

Il faut savoir que si vous portez une orthèse, mais continuez de solliciter votre poignet, par exemple en essayant de faire votre travail habituel, vous solliciterez davantage d’autres articulations comme le coude et l’épaule. Consultez vos thérapeutes pour savoir à quel moment il est utile que vous portiez une orthèse et quelles activités vous pouvez faire.

Protection des articulations

Protéger ses articulations veut dire les utiliser de manière à éviter de les soumettre à des pressions excessives. Ainsi, on s’épargne de la douleur et on accomplit ses tâches plus facilement. Il existe trois grands principes pour protéger ses articulations : ménagez ses forces, utilisez efficacement ses articulations et se servir d’appareils et d’accessoires fonctionnels. 

Ménagez vos forces en faisant en alternance vos tâches exigeantes ou répétitives et des activités plus reposantes. En faisant des pauses, vous réduirez le niveau d’effort imposé à vos articulations douloureuses et vous permettrez à vos muscles affaiblis de se reposer. 

Il est important de cesser ou de modifier toute activité susceptible de contribuer au problème. Un sculpteur sur bois, par exemple, doit songer à utiliser un marteau au lieu de taper sur son ciseau avec la main, et une personne qui passe de longues heures à tricoter doit faire de courtes poses à intervalles réguliers.

Maintenez un bon alignement corporel dans tous vos gestes afin de ne pas soumettre vos articulations à des efforts excessifs. Utilisez les articulations les plus grosses et les plus fortes pour porter les charges lourdes. Par exemple, utilisez une bandoulière au lieu d’un sac à main. Évitez également de rester trop longtemps dans la même position. 

Utilisez des appareils et accessoires fonctionnels, comme une canne, un chariot à bagages, un chariot d’épicerie et une pince à long manche, qui faciliteront l’exécution de vos tâches quotidiennes. De petits appareils électroménagers, comme un four à micro-ondes, un robot culinaire ou un robot boulanger, peuvent également être utiles dans la cuisine.

Chirurgie

Si les traitements ne donnent pas les résultats espérés et que les symptômes persistent, vous et votre médecin pouvez décider de recourir à une opération chirurgicale appelée dégagement du canal carpien pour diminuer la compression du nerf médian.
Ce type d’intervention se pratique ordinairement dans les services de chirurgie de jour. Le rétablissement complet peut prendre plusieurs semaines. Pour favoriser la guérison, il faudra sans doute éviter de trop solliciter le poignet opéré pendant une ou deux semaines. Les personnes dont l’emploi comporte des tâches manuelles exigeantes peuvent devoir s’absenter plusieurs semaines de leur travail. Les résultats de l’opération dépendent en partie de la durée de la perte de sensibilité et de l’atrophie musculaire avant l’intervention.

Cet article a été rédigé en collaboration avec le comité consultatif médical de la Société de l'arthrite.


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Cette page a été pour la dernière fois mise à jour le : 12/21/2011