J’ai un travail et j’ai l’arthrite : que faire?

La conciliation arthrite et travail est toujours un sujet délicat pour bon nombre de personnes atteintes de la maladie. La douleur et la fatigue peuvent vous affecter et nuire à votre travail et, inversement, votre travail peut aggraver votre douleur et votre fatigue. Vous vous sentez peut-être à l’écart, mais sachez que les deux tiers des Canadiens atteints d’arthrite sont en âge de travailler. Évidemment, il est important de travailler pour gagner sa vie, mais le travail contribue également au bien-être émotionnel. « Les gens qui sont atteints d’arthrite nous disent que le travail est bon pour leur santé, car il leur permet d’interagir avec les autres et leur évite de rester à la maison, en tête-à-tête avec la douleur. Ils sont donc très motivés à continuer à travailler », explique Monique Gignac, directrice scientifique adjointe principale et chercheuse principale à l’Institut de recherche sur le travail et la santé, à Toronto.

S’il n’existe aucune solution universelle (étant donné que les types d’arthrite et les types de travail sont nombreux et variés), il y a tout de même des solutions éprouvées qui peuvent vous aider à vous y retrouver.

Adoptez un plan de traitement réaliste

Votre plan de traitement doit tenir compte de tous les aspects de votre vie, sans quoi vous serez incapable de vous y conformer. Par exemple, si vous occupez un emploi de bureau et que vous avez remarqué que l’activité physique régulière vous aide à gérer vos symptômes d’arthrite, vous devriez prévoir des exercices ou des étirements pendant, ou après, votre journée de travail.

Parlez à un expert

Il existe souvent des moyens de contourner les déclencheurs de la douleur articulaire au travail. Votre équipe soignante peut vous aider à adopter une position assise adéquate, à ajuster le siège de votre véhicule, à adopter la technique convenable pour monter dans votre véhicule et en sortir, à modifier votre position si vous devez rester debout pour des périodes prolongées, à déterminer la hauteur appropriée de votre poste de travail en fonction des tâches que vous avez à accomplir, à choisir les chaussures qui vous conviennent le mieux, à soulever des objets de manière sécuritaire et bien plus encore.

Planifiez

Il est possible d’intégrer les autosoins à votre journée sans nuire à votre travail. Voici quelques exemples concrets : programmez une alarme pour vous rappeler de changer de position ou de vous étirer; lorsque possible, utilisez la fonction haut-parleur de votre téléphone, ce qui vous permettra de délier vos mains ou vos pieds; utilisez un sachet réfrigérant ou faites des étirements simples pendant votre pause; alternez vos tâches exigeantes avec des tâches plus faciles.

Évaluez votre niveau d’énergie

Essayez d’utiliser un journal de bord afin de faire le suivi de votre niveau d’énergie tout au long de la journée. Après une semaine, vous saurez s’il y a moyen de mieux organiser vos activités et de cerner les points qui méritent une amélioration (par exemple, vous vous dépensez au travail, mais la fatigue vous accable à la fin de la journée et vous êtes incapable d’interagir avec vos amis et les membres de votre famille; ou vous êtes au sommet de la productivité pendant l’après-midi, mais les matins sont difficiles).

Essayez un outil

Vous pourriez utiliser un tourne-clé, une valise à roulettes, un adaptateur de préhension pour votre stylo, un tapis antifatigue, des attelles de main ou de genou, un élastique pour enrober la poignée de porte... il existe de nombreux types d’outils qui peuvent rendre la protection de vos articulations à la fois facile et sécuritaire.

Pensez à en parler

Vous avez peut-être peur de parler de votre arthrite au travail; ce n’est pas rare (et c’est tout à fait compréhensible) que les gens craignent que leurs collègues les croient incapables de faire leur travail, ou même qu’ils leur en veuillent. D’un autre côté, si votre arthrite vous pose problème et que votre employeur et vos collègues ne sont pas au courant, ou si votre environnement de travail affecte votre santé, vous n’êtes pas non plus dans une situation idéale. Si vous décidez de parler de votre arthrite, préparez-vous d’abord. Choisissez à qui vous en parlerez (à votre employeur, au service des ressources humaines, à votre délégué syndical) et cernez deux ou trois messages principaux. Définissez vos demandes clairement (un horaire différent, un ajustement de votre poste de travail) et pratiquez-vous d’abord avec un ami ou un membre de votre famille.