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Une nouvelle lecture de l’arthrite

Par Janet Yale

Nos décisions philanthropiques en matière de santé partent souvent de notre désir d’aider à combattre une maladie qui nous affecte directement ou qui touche un proche. Or, quand vient le moment de poser un geste concret ou de faire un don, nous sommes nombreux à reléguer l’arthrite aux oubliettes, et ce, en raison d’un refus persistant de la considérer sérieusement comme une maladie chronique.

Contrairement à bien d’autres maladies, nous sommes prêts à négliger l’arthrite et à en minimiser les impacts. Nous inventons des excuses pour expliquer la douleur qu’elle occasionne et nous en atténuons la gravité. Souvent, nous refusons même de voir le problème pour ce qu’il est.

Peut-être votre meilleur ami, qui a fêté ses 40 ans l’an dernier, a-t-il mal aux genoux matin et soir à cause d’une vieille blessure sportive. Ou peut-être votre fille de 12 ans semble-t-elle grandir moins vite que ses amies et souffre-t-elle d’inflammation douloureuse dans les articulations. Peut-être encore s’agit-il de vous. Peut-être n’arrivez-vous presque plus à rester à votre bureau toute la journée parce que votre cou et vos épaules vous élancent tellement que la douleur en est devenue insoutenable.

Peut-être n’assimilez-vous pas ces maux à l’arthrite. Peut-être considérez-vous l’arthrite comme une maladie qui s’en prend aux aînés, quelque chose qui apparaît à la retraite et s’acharne sur nous tous en vieillissant.

Peut-être avez-vous tort.

Peut-être êtes-vous parmi les nombreux Canadiens qui ignorent que plus de 6 millions de leurs proches, de leurs amis et de leurs voisins vivent chaque jour avec l’arthrite. Ces gens ne sont pas tous vieux et ne sont pas tous condamnés à un sombre avenir.

L’arthrite n’a rien d’inévitable ni d’inexorable. Chez de nombreuses personnes, elle peut être prise en charge de façon efficace si elle est détectée et traitée avec l’aide d’experts médicaux. Mais nous devons y faire face et la dénoncer. Le plus grand obstacle au financement de la lutte contre l’arthrite, c’est notre attitude; nous devons être moins tolérants à l’égard de cette maladie. Nous devons reconnaître franchement son existence. Et nous devons être résolus à passer à l’action.

L’heure est venue d’arrêter d’accepter l’arthrite dans nos vies. Nous devons prendre l’arthrite au sérieux.

Prenez en compte ces quelques faits

Commençons par situer l’arthrite en contexte. Pour ce faire, nous devons regarder la réalité en face et admettre ce que c’est de vivre avec cette maladie chronique douloureuse.

L’arthrite touche des personnes de tout âge – des enfants aux personnes âgées. Et même si on suppose souvent qu’elle accompagne le vieillissement, plus de la moitié des personnes atteintes d’arthrite ont moins de 65 ans. Autrement dit, l’arthrite peut limiter drastiquement la capacité d’une personne à gagner sa vie. Et chez les plus de 65 ans, c’est 1 personne sur 2 qui est touchée par l’arthrite.

En fait, il ne s’agit pas d’une seule maladie, mais de plus de 100 affections distinctes qui causent l’inflammation et la dégradation des articulations et d’autres tissus, ce qui entraîne une douleur déstabilisante, une incapacité à bouger et des difficultés à effectuer les tâches les plus simples.

Bien que le traitement puisse aider à gérer certaines formes d’arthrite – surtout si elles sont détectées tôt –, la maladie est incurable et peut avoir des conséquences dévastatrices sur la vie d’une personne. De plus, la prévalence de l’arthrite est à la hausse : le nombre de Canadiens qui en sont atteints aura grimpé de 40 % d’ici 2035.

Il est essentiel de reconnaître le problème et son juste degré de gravité si nous voulons faire des progrès et interrompre sa lancée. L’arthrite est une maladie qui altère notre capacité à vivre pleinement. À soulever nos enfants et à les serrer dans nos bras. À travailler toute une journée. De faire une promenade ou de pratiquer un sport. De passer une journée sans douleur, simplement.

Tout le monde mérite d’avoir la chance de faire ces choses. Mais nous devons d’abord prendre l’arthrite au sérieux. C’est ce que la Société de l’arthrite s’efforce de changer.


Janet Yale est présidente et chef de la direction à la Société de l’arthrite (Canada). Avant de se joindre à notre équipe, Janet a occupé les postes de vice-présidente à la direction à TELUS et de chef de la direction à l’Association canadienne de télévision par câble, ainsi que d’autres postes de haute direction de diverses organisations privées, publiques et sans but lucratif.

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